Myriame, la manipulatrice de la beauté et du style



Myriame Farah François est née et a grandi dans les Cayes, au Sud de la République d’Haïti. Mariée et mère d’une petite fille de quatre ans, elle est une coach de style. Elle détient une licence en Relations Internationales de l’Université de Tunghai, Taiwan (République de Chine), et une maîtrise en Développement International axé sur la pauvreté, les inégalités et le développement obtenue de l’Université Birmingham du Royaume Uni. Elle a aussi un diplôme en Coaching de Style qui est une double qualification en Coaching de vie et Stylisme Personnel de l’Institut du Coaching de Style de la Grande Bretagne. Mais avant tout cela, elle a intégré la Faculté d’Ethnologie (FE) et la Faculté Linguistique Appliquée (FLA) en 2008. Ce n’est qu’en 2010 qu’elle a dû laisser le pays pour poursuivre ses études à l’étranger. Actuellement, elle joue le rôle d’Officière Nationale de Communication pour une Agence Onusienne.

Amoureuse de tout ce qui est lié au style, aux vêtements et aux soins du corps et de l’esprit, elle a toujours été celle vers qui tout le monde peut se tourner en matière  de conseils avant même qu’elle ne décroche son diplôme en coaching de style. Son entourage prophétisait déjà sur sa carrière en stylisme et elle en a fait son métier en se démarquant du chemin traditionnel qui est celui qui dicte le style que les autres devraient adopter car elle ne veut priver personne de sa liberté de choisir. En somme, c’est ce qui explique son choix de coaching de style en guise de conseil en image. Son approche vise tous les aspects de la vie de la personne, pas uniquement son apparence; c’est de là que viennent les changements fondamentaux, s’il y a lieu.


Son amour pour la diversité et son esprit humaniste sont les choses qui l’inspirent. Myriame est cette femme qui pense aider d’autres femmes à se sentir valorisées et aimées. Le choix d’un tel métier est effectué en vue de permettre aux autres de s’exprimer pleinement et librement à travers le style adopté. Elle n’a pas encore travaillé avec des artistes et vient tout juste de lancer son agence de consultation. Certes, c’est une chose tentante mais pour elle, ça peut attendre.  Rien ne presse pour la coach, tout ce qui lui est dû lui sera accordé au moment opportun car, la boule de feu en pleine éclosion personnifiée qu’elle est, il lui faut juste de la patience et de la persistance puisqu’elle détient toutes les compétences requises.


Myriame passe la plupart de ses journées à gérer des choses en rapport avec l’humanitaire et le développement durable. Elle ne favorise aucune marque et ne porte que ce qui lui plait. Elle trouve son bonheur dans chaque marque sans se figer sur une en particulier car sa liberté en terme de créativité et de style l’empêche de se cantonner au choix strict de marques. L’essentiel pour elle c’est de se sentir bien dans sa peau. La coach de style partage avec ses abonnés différents conseils à travers un blog qu’elle gère portant le nom de Colors & Glam. Elle avoue que ces abonnés sont pour elle une bénédiction. Sa relation avec eux est détendue, informelle mais très enrichissante. Leurs commentaires lui procurent de la joie et contribuent certaines fois à la réussite de ses journées. Ils la supportent inlassablement et ne cachent guère leur admiration pour la coach et en retour, elle leur manifeste sa reconnaissance. En vrai, elle considère ses abonnés comme tous les gens qu’elle connait, tous ceux qu’elle a déjà rencontrés dans sa vie. Ce sont ses compatriotes et elle leur témoigne du respect et de l’estime. Non seulement son travail lui plait, mais aussi elle se sent très utile puisque de cette façon, elle contribue à des choses plus grandes que ses propres désirs de paraitre ou de ressembler à un fantasme. C’est de là que se découle sa vraie satisfaction.


Toutes les tenues vont à ravir à Myriame. Toutefois, elle adore porter les tailleurs et elle en a de toutes les couleurs et dans toutes les formes. Elle se sent dans son élément quand elle se vêt d’un tailleur en pantalon (le Pantsuit). Le style androgène du tailleur sied parfaitement à ses traits physiques et psychologiques. Si on la demande de choisir une pièce de sa garde-robe les yeux fermés, ce sera certainement un tailleur  en pantalon évasé, parce que cette pièce est le centre de connexion de son esprit à son corps. À chaque occasion, il y a une tenue adéquate. Néanmoins, il n'y a pas une coiffure considérée comme modèle pour toute occasion, vu que c’est assez vaste. On ne peut pas classer un type de coiffure pour un évènement particulier quand les types de cheveux, morphologies du visage, et personnalités sont si diversifiés. Même si il y a une tendance qui prétend que les chignons sont une caractéristique de la beauté chez la femme, elle n’encourage pas les idées toutes faites sur le style et la beauté. Si on le fait de cette façon, il n’y aurait aucune place pour la diversité, et c’est quelque chose qui nuirait à Myriame Farah François. Et en ce qui a trait à la culture haïtienne, elle fait encore travailler ses méninges afin de voir comment mieux cerner la question. Notre culture ne se résume pas au port du Carabella ou du Siam comme beaucoup le sous-tend. Notre richesse culturelle, implique pour elle de trouver une bonne stratégie pour prodiguer ses conseils dans ses publications car c’est plus complexe que ça en a l’air. Elle déclare également être très fière de sa culture et, c’est en quelque sorte cette même fierté qui lui impose à la fois une bonne préparation et présentation de notre culture qui, par ailleurs, fait notre force.


Myriame rejette d’un revers de main cette arrogance de vouloir considérer les choix des autres comme bons ou mauvais. Pour elle, chaque vêtement traduit l’histoire de la personne qui le porte. Il ne faut pas juste voir l’habit comme des morceaux de tissus. C’est bien pour cela qu’il faudrait éviter d’accoucher l’idée que les jeunes ne savent plus trop comment s’habiller. Pour critiquer le choix de quelqu’un sur les vêtements portés, il implique avant tout de se mettre dans sa peau, vivre sa vie; autrement, il n’est nullement possible. Chercher à comprendre et à accompagner serait le mieux. Considérant que l’adolescence est une étape très complexe, période où l’on se cherche, s’affirme et commence à avoir une conscience accrue de soi et des autres, les habits jouent un rôle crucial dans cette quête de soi. À ce stade-là, il s’agit d’une expérimentation qui va au-delà de l’apparence. Il faut donc être vigilant avec nos propos concernant le look de quelqu’un qui peut être aussi un signe d’appartenance tout en évitant de porter des jugements sur la personne rien qu’en observant la manière dont elle se vêt. L’habit est, pour Myriame, l’expression de la liberté des ados. Mieux vaut les aider à passer cette étape plutôt que de dissiper de l’énergie en les critiquant ou autre. Sa formation lui permet de voir autre que les apparences projetées et elle préfère leur servir de modèle afin de forger leur propre identité. 


La styliste Myriame Farah François, fatiguée des diktats de beauté, a choisi ce métier pour éclairer et, si possible, changer la vie de ses semblables, les aider à prendre conscience de leur lumière et en faire usage pour atteindre leurs meilleurs objectifs de vie tout en donnant la chance aux autres de s’exprimer pleinement; c’est une condition sine qua non. Parfois, elle pense que son travail est peu considéré à sa juste valeur. Les gens ont tendance à sous-estimer les vêtements, les soins du corps et de l’esprit. Certains vont jusqu'à concevoir cela comme de la futilité, de la frivolité. Parler de vêtements n’est ni synonyme de chiffons ni de haillons. Au contraire, notre relation avec les vêtements est plus complexe. Certes, ce sont des choses frivoles mais c’est une frivolité essentielle. En aidant les gens à cultiver une meilleure relation avec eux-mêmes et ce qu’ils portent, elle exerce son travail de coach de style. Avec de simples choix conscients de vêtements, nous pouvons beaucoup changer dans notre apparence, notre esprit, et dans notre vie en général.


Myriame n’a aucun modèle dans ce métier. Elle lit beaucoup et fait beaucoup de recherches. Il y a des choses qu'elle apprécie chez chaque aîné (e) de ce métier. Toutefois, elle désire tracer son propre chemin et veut que le monde entier, la nature, chaque personne croisée, le pauvre malheureux en haillons, les enfants de rue, les “madan Sara”, les capitaines de rara, et j’en passe soient sa source d’inspiration et son modèle au quotidien. C’est pour se rappeler qu'elle refuse de faire de l’habillement, du vêtement, des soins du corps et de l’esprit une affaire de luxe et d’élite mais quelque chose qui parle et qui inclut tout le monde sans distinction.  



Sly Clde

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