CCMEC, une nouvelle ère culturelle à Carrefour



Comme le dit Milan Kundera, « La culture, c’est la mémoire du peuple, la conscience collective et la continuité historique, le mode de penser et de vivre ». Un peuple sans mémoire et sans culture est voué à être un peuple mort. Pour ne pas sombrer dans une telle logique, le conseil municipal de la commune de Carrefour a procédé à l’inauguration du Centre Culturel Municipal Emmanuel Charlemagne le Lundi 17 Mai 2021 à Thorland. Dans l’idée de pérenniser l’histoire de Carrefour, son patrimoine culturel, le CCMEC se veut être un espace de formation et d’information pour la communauté carrefouroise en particulier pour les jeunes tout en immortalisant la mémoire des artistes qu’a accouché la commune. Le centre contient plusieurs compartiments avec une appellation pour chacun d’eux : la Bibliothèque portant le nom de Paulette POUJOL-ORIOL, l’auditorium Roland Dorfeuille dit Pyram, la terrasse Jean-Prosper Dauphin connu sous le nom de Beken et la salle d’exposition Dieudonné Cédor.



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L’histoire de Carrefour sur le plan culturel est assez riche et c’est par rapport à cette pluralité d’artistes qu’on a pu attribuer un nom à chaque compartiment de ce bâtiment sans oublier le nom d’Emmanuel Charlemagne, communément appelé « Manno Charlemagne ». Son histoire remonte au temps colonial, selon les dire d’Harry Jean, le chef du cabinet du maire principal de la commune, Jude Edouard Pierre. Pour répéter ses propos, il est bon à savoir que l’ancien président Alexandre Pétion qui créchait à Carrefour mettait son Palais disponible et ce palais-ci était en lui-même considéré comme une œuvre d’art. Tous les artistes qui vivaient dans l’Ouest, sous sa juridiction, exposaient leurs œuvres chez lui. À cette époque, la photographie n’étant pas trop à la mode, il était donc question de sculpture, de portrait pour la majorité des œuvres. L’un des endroits considéré comme bastion des artistes est la Rivière Froide. Aujourd’hui encore, elle reste une zone dans laquelle on peut aller piocher des artistes. Dans toutes les maisons, il existe au moins un sculpteur.



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Etaient présents les fils de Manno : Pierre Richard, Charlevagne et Evens, des personnages officiels tels d’autres maires de communes différentes venant supporter leur collègue, le roi du Vodou, des commissaires de la Police Nationale d’Haïti, la responsable des sœurs Salésiennes de Thorland, le directeur général de la Direction Nationale du Livre (DNL) Jean Emmanuel Jacquet en guise de solidarité et d’appréciation du centre. Ce dernier a rappelé que le pays compte à présent 25 bibliothèques municipales et interviendra à travers deux axes : 1) le livre comme vecteur de développement local durable et 2) le renforcement des CLAC et des bibliothèques municipales à l’échelle nationale. Il a été aussi question de promesse d’un don sous forme de cargaison de 400.000 livres qui devra être livrée en Octobre et distribuée dans toutes les bibliothèques municipales. Des prestations artistiques venaient ajouter leur grain de sel. Entre les chorégraphies des jeunes du Théâtre Nationale, des chants, particulièrement des morceaux tirés du répertoire musical de Manno Charlemagne interprétés par Wooly Saint Louis Jean, des textes, l’ambiance a été plutôt chaleureuse. Au cours de cette cérémonie, le nouvel ambassadeur de la culture de la commune a été présenté au grand public, le sieur Pierre Manigat Junior, auteur, ancien conseiller électoral et ancien rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste.



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Ce projet a débuté le 28 Janvier 2020 et la construction a pris fin le 31 Juillet, selon le premier citoyen de la commune, monsieur Jude Edouard Pierre. Lors des mots adressés à l’assistance présente, il a pris le temps de remercier les contribuables de la ville car sans eux le projet n’aurait pas abouti. Toutefois, il a sévèrement critiqué l’administration publique qui a mal réparti le budget laissant ainsi les collectivités sans l’argent nécessaire pour subvenir aux besoins de la commune. Dans son allocution, il a profité de dire qu’il faut une décentralisation effective dans le pays et la participation politique de la diaspora et des femmes dans les décisions politiques du pays. Il s’est plaint de ne pas avoir de place publique dans la commune ni de parc attractif pour les enfants et les jeunes. « J’ai connu l’enfer, j’ai vécu l’ignominie pour ce projet » : balance le premier maire Jude Edouard. Il s’est aussi donné pour défi de doter le centre de ses propres jardins, « Les jardins du centre ». Il a lancé un appel à toutes les instances pouvant l’aider à gérer les infrastructures du CCMEC car la mairie n’en a pas les moyens nécessaires. Un espace de production de savoir, de préservation de la mémoire de la ville, c’est l’essence même du Centre Culturel Municipal Emmanuel Charlemagne (CCMEC).



Emmanuel Charlemagne est un patrimoine immatériel. Autant le prouver et garder le centre culturel propre et digne, cette œuvre marquant un renouveau culturel à Carrefour.



Sly Clde 

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