Ma maison en dentelle de bois d'Évelyne Trouillot
- Publié le: 2021-11-26 22:50:18
- Autre
- Par Wilda DÉNESTANT
Née à Port-au-Prince d'une famille intellectuelle, Évelyne Trouillot a connu très tôt le goût de la découverte, tant à travers les livres qu'à travers les gens. Après ses études secondaires, elle voyagea pour poursuivre ses études en langues vivantes et en éducation, et à son retour au pays, elle partagea son temps entre la littérature et l'éducation. De là débuta sa carrière d'écrivaine qui, avec l'encre de sa plume et son imagination peuvent faire vibrer ses lecteurs.
Parmi les nombreuses oeuvres d'Évelyne, on retrouve des recueils de poésies, des contes, des récits de jeunesse, des romans dont l'un a particulièrement retenu l'attention de plus d'un et a été mis à l'honneur à la septième édition du marathon du livre, le fameux ''Rosalie l'infâme''. Dans ce livre-ci, elle raconte les péripéties des familles esclaves du temps de la colonisation. Évelyne Trouillot ne cesse cependant de nous surprendre. L'an dernier, elle nous a offert la possibilité de délecter l'un de ses bouquins: ''Ma maison en dentelle de bois''. Ce livre, fortement conseillé, parut aux éditions Porte-Plume le 06 septembre 2020, récit de huit chapitres consacré aux enfants dans lequel est relaté l'histoire d'une famille haïtienne qui vivait tranquillement aux États-Unis. Cette dernière décide de rentrer se réinstaller en Haïti suite à la mort de la grand-mère paternelle de Gabriel, fils unique né à l'étranger avec qui le petit avait passé de merveilleux moments pendant un séjour sur le sol natal de ses parents.
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Déconcerté par cette nouvelle inattendue, Gabriel enrage. Il ne se voit guère quitter Boston pour venir s'installer définivement en Haïti, un pays si décrié à l'extérieur. Il n'en a que des bribes de souvenirs et ne fut venu qu'à trois occasions pour causes majeures. Ses parents sont pourtant parvenus à le convaincre en dépit de ses nombreuses plaintes et est rentré malgré lui. Une fois installée, il tombera d'dmiration devant ce patrimoine qu'a laissé pour eux sa mamie, une gingerbread aux escaliers grinçants, à la boiserie délicate et aux dentelles de bois dans laquelle ses parents avaient décidé de finir leurs vieux jours, en dépit de la vie tumultueuse à Port-au-Prince; une maison qui fait sentir à ses héritiers qu'il fait bon de retourner chez soi après s'être longtemps absentés.
Des États-Unis jusqu'en Haïti, l'écrivaine Évelyne Trouillot à travers sa plume nous traduit l'envie et même la volonté de certains haïtiens de revenir vivre au pays mais, à cause du tableau sombre que nous avons peint de nous-même et retranscrit à l'international, nombre d'entre eux se résignent à abandonner l'idée de voir cette terre leur servir de sépulture. Comme on aime à dire souvent: "Lakay se lakay, pa gen tankou lakay."
Wilda DENESTANT
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